Les activités socioéconomiques demeurent totalement paralysées à Shabunda, chef-lieu du territoire éponyme, dans la province du Sud-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo. Cette situation perdure depuis quatre jours, à la suite d’une série de journées « ville morte » décrétées par les organisations de la société civile locale et le Conseil territorial de la jeunesse.
Ces mouvements citoyens visent à dénoncer les abus attribués à certains combattants Wazalendo, pourtant engagés en appui aux Forces armées de la RDC (FARDC) dans la lutte contre les groupes armés, notamment dans le contexte du conflit lié au M23. Les organisations locales les accusent de semer l’insécurité loin des lignes de front. Selon la société civile, ces éléments seraient impliqués dans des actes de pillage, des incursions nocturnes dans des habitations, l’érection de barrières illégales ainsi que des homicides.
Le dernier bilan fait état de plusieurs morts, dont quatre personnes tuées vendredi dernier à Shabunda centre, parmi lesquelles figuraient des élèves, ainsi que des blessés graves. Au deuxième jour de la paralysie, mardi dernier, deux nouveaux cas de meurtre auraient été enregistrés au centre de Katchungu, localité située à environ 40 kilomètres de Shabunda centre.
Les victimes auraient été tuées par des hommes se réclamant des Wazalendo, selon les organisations citoyennes. Face à cette situation, un ultimatum de 24 heures avait été accordé aux combattants Wazalendo afin qu’ils quittent le centre de Shabunda pour rejoindre les zones de combat.
Toutefois, aucune amélioration n’a été constatée à ce jour, déplore Mwelwa Sakitala André, président du Conseil territorial de la jeunesse de Shabunda. Celui-ci précise que la jeunesse et la société civile ne s’opposent pas à la présence de forces armées dans la cité, mais rejettent la présence d’éléments qui, au lieu d’assurer la protection des populations, sont accusés de violations des droits humains et de multiples tracasseries.
Les organisations citoyennes annoncent la poursuite des actions pacifiques jusqu’au rétablissement de l’ordre et de la discipline au sein des groupes armés opérant dans la zone. Elles exigent des mesures urgentes pour mettre fin aux violences contre les civils dans une région située hors des zones de combats actifs.
Cette mobilisation fait suite aux événements survenus le vendredi 23 janvier, journée marquée par de fortes tensions à Shabunda, au cours de laquelle des tirs nourris auraient été entendus de la matinée jusqu’en fin d’après-midi, provoquant la mort de plusieurs personnes et semant la panique au sein de la population.
Rédaction cH
