Dans la commune de Karisimbi, sous-division de Nyiragongo, une réunion organisée par la délégation de l’AFC/M23 avec les autorités locales et les responsables d’établissements scolaires a donné lieu à des mesures controversées qui suscitent indignation et inquiétude. Derrière le discours éducatif affiché, se dessine un programme de contrôle idéologique et financier des écoles.


Parmi les directives imposées, les établissements doivent s’acquitter rapidement de prélèvements obligatoires sur les frais scolaires, auxquels s’ajoutent de nouvelles charges : 10 dollars par école pour financer un pèlerinage à Rumangabo, présenté comme une sortie pédagogique pour découvrir faune, flore et infrastructures locales.

Mais la mesure la plus alarmante reste l’imposition de portraits des chefs rebelles Corneille Nanga, Sultani Makenga et Bertrand Bisimwa. Chaque école devra payer 26 dollars par effigie pour orner classes et bureaux, transformant les salles de cours en vitrines d’une mémoire sélective. Ces figures, érigées en modèles d’histoire, devront être enseignées dans les programmes d’« Histoire » et d’« Éducation civique », assorties de chants, poèmes et sketchs à leur gloire, exécutés chaque matin par les élèves. Tout manquement sera sanctionné, faisant planer une menace directe sur enseignants et apprenants.

Le M23 va plus loin en imposant sa propre vision culturelle : concours scolaires et activités parascolaires devront se conformer à une identité particulière, avec l’Umudiho et le Ntore en danses phares, marginalisant de facto les autres traditions.

Ces directives transforment l’école, espace de savoir et d’émancipation, en outil de propagande et de formatage. En imposant mémoire officielle, culte de la personnalité et uniformisation culturelle, le M23 tente de remodeler les jeunes générations selon son récit.

Rédaction cH

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