Dans une interview exclusive accordée à Jeune Afrique, le président rwandais Paul Kagame s’est exprimé sur le retour de Joseph Kabila dans l’est de la République Démocratique du Congo. Entre enjeux sécuritaires et tensions politiques avec Kinshasa, Kigali clarifie sa position.

Un soutien de Kigali à Joseph Kabila ? La réponse de Paul Kagame

Alors que les spéculations vont bon train sur les réelles motivations du séjour de l’ancien président Joseph Kabila à Goma, le chef d’État rwandais, Paul Kagame, a tenu à lever les zones d’ombre. Interrogé sur un éventuel « feu vert » ou un soutien logistique accordé par le Rwanda, Paul Kagame a balayé les critiques avec une approche nuancée.

Selon le dirigeant rwandais, la présence de Joseph Kabila dans le Nord-Kivu relève d’un choix personnel de l’ancien sénateur à vie face à la pression croissante du pouvoir actuel à Kinshasa.

Kabila a fait ses choix » : Une posture de non-ingérence

Pour Paul Kagame, interdire le passage ou l’accès à l’ancien président n’aurait eu aucune justification logique. Il a notamment rappelé le climat de tension qui règne entre Joseph Kabila et le gouvernement de Félix Tshisekedi :

L’ancien président fait face à de lourdes charges en RDC, une partie de son patrimoine a été saisie par les autorités congolaises. Kagame a explicitement mentionné la condamnation à mort qui pèse sur l’ex-chef d’État. « Il veut affronter cette situation dans son propre pays. Je ne vois pas pourquoi je lui refuserais le passage. Cela n’aurait pas de sens », a déclaré le président rwandais.

La stabilité de la RDC au cœur du discours

Au-delà du cas personnel de Joseph Kabila, le président rwandais a réitéré son ouverture à tout acteur politique ou social œuvrant pour la paix dans la région. « Tous ceux qui souhaitent prendre part à la lutte pour un Congo stable sont les bienvenus », a-t-il affirmé.

Cette déclaration intervient dans un contexte régional particulièrement fragile, où les relations entre Kinshasa et Kigali restent marquées par une méfiance mutuelle concernant la crise sécuritaire dans l’Est du pays.

Ernest Mbilika

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