L’ancien capitaine emblématique des Léopards Youssouf Mulumbu, vient de briser l’omertà. Dans une déclaration fracassante, l’ex-international congolais pointe du doigt des pratiques systémiques de harcèlement et d’abus sexuels qui gangrèneraient la gestion du sport en République Démocratique du Congo.
Sortant de sa réserve, Mulumbu dénonce des dérives graves impliquant certains dirigeants et entraîneurs. Selon ses propos, des pressions et des abus sexuels seraient imposés à certains joueurs comme condition préalable à leur alignement sur le terrain ou à la progression de leur carrière.
Au-delà des agressions individuelles, c’est tout le modèle de gouvernance du football congolais qui se retrouve aujourd’hui sur le banc des accusés. Ces révélations mettent en lumière un abus de pouvoir systémique, où la précarité et l’ambition des jeunes athlètes sont cyniquement exploitées par ceux qui devraient les protéger.
Le témoignage de Mulumbu prend une tournure encore plus concrète lorsqu’il évoque son expérience au Saint Éloi Lupopo. Il y révèle avoir recueilli la confidence poignante d’un joueur, victime d’agressions sexuelles de la part d’un dirigeant, illustrant parfaitement l’emprise et les dérives qu’il dénonce aujourd’hui au sommet du sport congolais.
Cette situation est entretenue par une culture de l’impunité et une gestion opaque qui permettent à ces réseaux criminels de s’enraciner et de perdurer au sein même des instances sportives. Face à cette noirceur, l’urgence d’une réforme ne fait plus aucun doute : c’est un appel solennel à un assainissement profond des structures pour garantir, enfin, l’intégrité physique et morale des joueurs.
Ernest Mbilika
