Il a défendu avec brio son mémoire de DEA en Sciences de l’Information et de la Communication sur un sujet d’actualité brûlant : « Ruashi Mining : communication de crise et gestion des problèmes écologiques ». Ce travail de recherche lui a valu une grande distinction académique.
Après une analyse du problème observé, le chercheur Benjamin Ibimi Ngambun s’est interrogé sur la nature réelle des interactions communicationnelles que l’entreprise Ruashi Mining entretient avec les communautés locales.
En guise d’hypothèse, celui qui fait de la communication environnementale son cheval de bataille, postule que la nature de cette interaction est, depuis plusieurs années, marquée par des conflits et de profondes perturbations. Cette situation résulterait principalement d’un manque de politique globale de communication d’entreprise. En d’autres termes, le chercheur pointe une absence criante de concertation et de prévention de crise avec des populations concernant certaines décisions stratégiques de la société ayant un impact direct sur leur vie et leur environnement immédiat.
Ce constat est corroboré par la détérioration continue des relations sociales, ayant engendré un conflit ouvert entre Ruashi Mining et la population de Luano et ses environs. À titre d’exemple, l’entreprise a initié en janvier 2020 la fermeture du cimetière éponyme sans en avoir informé les riverains, que ce soit directement ou indirectement.
D’après les analyses de Benjamin-Junior Ibimi, les responsables de Ruashi Mining semblent considérer que la majorité des habitants de ce village sont analphabètes. Ce qui implique de les ranger au rang de classes minoritaires (d’où l’éclosion du » mimesis extractive » ou de la pratique de l’echoblachiment ou le greenwaching). L’information environnementale qui devrait agir tel un » militantisme écologique » est rarement activé.
Dans ce contexte, l’entreprise se retrouve confrontée à des problèmes de distorsion de messages, ces derniers arrivant aux destinataires amoindris ou déformés par des retranchements et des ajouts intempestifs. Ce qui active généralement une rumeur protéiforme.
En dernier ressort, le chercheur précise que la pertinence de la communication évoquée dans son étude repose sur l’objet et les moyens. Or, Ruashi Mining, disposant certes des moyens conséquents, ne semble pourtant pas disposer d’un objet de communication d’entreprise spécifique.
Par conséquent, l’entreprise ne communique que de manière ponctuelle, souvent dans l’urgence, simplement pour étouffer les dynamiques de protestations ou le » crime » (au sens Hégélien). C’est la relativité au lieu de la proactivité . Il existe dans ce registre une panoplie de tensions et de pressions antérieures déçues cycliques.
Elles sont nourries par les mouvements d’expropriation de champs et les évictions de logements pour lesquels les indemnisations tardent, peinant ainsi à apaiser les sinistrés.En définitive, ce travail scientifique rappelle qu’aucune activité minière ne peut s’épanouir durablement dans un climat d’hostilité, provoqué par le déni de reconnaissance.
Pour Ruashi Mining, le défi n’est plus seulement technique ou écologique, mais fondamentalement humain : il s’agit de restaurer une confiance brisée par des années » d’invisibilité sociale » et » d’incommunication « .
Benjamin Junior IBIMI propose la responsabilité sociétale d’entreprise (RSE, par biais du cahier des charges du développement locale), comme cette communication de proximité capable de positionner » la reconnaissance » (au sens Honnethien ), et de la déployer au travers les stratégies de concertation, d’adhésion et de coalition pour une meilleure gestion des communautés locales.
Kisaba Kalenga Patient
