Un rapport accablant de l’ONG Afriwatch pointe de graves dysfonctionnements dans la gestion des Développements locaux (DOT) dans les provinces minières du Haut-Katanga et du Lualaba. Manque de structures, gouvernance opaque, non-paiement des redevances légales… Autant d’irrégularités qui compromettent les bénéfices sociaux promis aux communautés locales.

Des entreprises minières hors-la-loi

Selon le rapport d’Afriwatch, 63 entreprises minières sont actuellement en phase d’exploitation en RDC, dont 32 dans le Haut-Katanga et 8 dans le Lualaba. Pourtant, une proportion significative d’entre elles ne respecte pas leurs obligations légales, notamment l’installation d’un organisme spécialisé de développement local (DOT), exigé par le Code minier révisé.

L’ONG pointe également le non-paiement de la redevance sociale de 0,3 % par certaines compagnies, privant ainsi les communautés des ressources censées financer des projets de développement local.

Une gouvernance défaillante et opaque



Le rapport souligne un manque criant de transparence dans la gestion des fonds collectés via les DOT. À cela s’ajoute une gouvernance jugée défaillante, avec des pratiques opaques, une répartition déséquilibrée des ressources  notamment une part jugée « exorbitante » accordée aux comités de supervision  et l’absence de mécanismes de contrôle ou de sanctions efficaces.

Des conséquences sociales alarmantes

Ces manquements ont un impact direct sur les conditions de vie des communautés locales, qui continuent de faire face à un manque criant d’infrastructures et de services de base, malgré l’exploitation de leurs ressources naturelles. Le système censé compenser les effets de l’exploitation minière semble, selon Afriwatch, défaillant dans sa mission.

Afriwatch appelle à une réforme en profondeur


Face à ces constats, Afriwatch formule plusieurs recommandations : renforcer les mécanismes de suivi, appliquer rigoureusement les sanctions prévues par la loi, rééquilibrer l’allocation des fonds et surtout, imposer la transparence dans la gestion des DOT. L’ONG plaide également pour un engagement plus actif des autorités provinciales et nationales afin de garantir que les ressources minières bénéficient effectivement aux populations concernées.

Une alerte pour le secteur minier congolais

Le rapport d’Afriwatch, présenté à Kolwezi devant un public composé de journalistes, d’activistes et de membres de quelques DOT, sonne comme un avertissement pour l’ensemble du secteur minier en RDC. Il rappelle l’urgence d’une réforme structurelle afin que le développement minier rime enfin avec développement humain.

Léo Kingu

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