Un deuxième ultimatum de 48 heures
Après un premier préavis de sept jours lancé par le gouvernement provincial, les habitants du village de Kamikungwa dans la province du Lualaba, doivent désormais faire face à un nouvel ultimatum de 48 heures. Celui-ci a été émis, le 25 septembre, par le guichet unique chargé de la délivrance des permis de construire. Il leur est une fois encore demandé de démolir volontairement leurs habitations.

Des familles sous pression
Sous la menace d’une expropriation imminente, les résidents de Kamikungwa disent vivre dans l’angoisse. Si beaucoup n’excluent pas l’idée d’un départ vers le site de relocalisation de Tshikinina, ils posent une condition : que ce nouveau quartier soit d’abord viabilisé, sécurisé et urbanisé avant tout déplacement.
Un appel urgent à l’État
Face à ce qu’ils considèrent comme une pression injuste, les habitants interpellent l’État. Ils demandent que celui-ci joue pleinement son rôle de garant de la protection des citoyens. « Nous ne refusons pas de partir, mais pas dans l’inconnu et la précarité », clament plusieurs familles, dénonçant une opération menée sans solution concrète de remplacement.
Une société civile en alerte
La société civile locale, elle aussi, hausse le ton. Elle appelle les autorités à accélérer l’aménagement du site de Tshikinina, censé accueillir les déplacés. Pour elle, il est inconcevable que des familles soient relogées dans des conditions indignes, sans eau, sans électricité ni infrastructures de base.

Une occupation jugée illégale par les autorités
Pour le gouvernement provincial, l’occupation actuelle des terres de Kamikungwa est illégale. Il affirme que ces terrains se trouvent en zone aéroportuaire, exposant leurs occupants à des risques élevés, notamment en cas de crash lors des phases de décollage ou d’atterrissage. D’où la décision initiale d’accorder un préavis de sept jours, désormais expiré.
Ce bras de fer entre les habitants et les autorités souligne une tension croissante autour des enjeux d’urbanisation et de relocalisation. À Kamikungwa, la question n’est plus de savoir s’il faut partir, mais dans quelles conditions.
Léo Kingu
