Par le Professeur Carlos Mupili, pédagogue de la nation
Kinshasa, 7 octobre 2025. Alors que le gouvernement congolais ne cesse d’affirmer l’importance stratégique de l’enseignement supérieur, la réalité vécue par les professeurs d’université contraste durement avec le discours officiel. Dans une tribune publiée ce lundi, le Professeur Carlos Mupili dénonce une « mauvaise foi institutionnelle flagrante » à l’égard de ces acteurs essentiels de la formation intellectuelle et scientifique du pays.
Les professeurs congolais revendiquent un ajustement salarial de 700 dollars américains, afin de retrouver leur niveau de rémunération mensuelle de 2 000 dollars, tel que promis sous le précédent régime. Une demande jugée légitime par l’auteur, qui invite à en mesurer le véritable impact budgétaire.
« 700 × 12 mois = 8 400 par professeur et par an ; 8 400 × 4 000 professeurs = 33,6 millions de dollars par an. »
Un montant qui, selon lui, ne représente que 0,3 % du budget national estimé à plus de 16 milliards de dollars. Pour le Professeur Mupili, cette donnée démontre clairement que « le gouvernement a les moyens, mais choisit de ne pas prioriser l’enseignement supérieur ».
Il déplore en outre que, pendant que les professeurs peinent à joindre les deux bouts, certains hauts fonctionnaires cumulent plusieurs salaires publics, que les institutions politiques engloutissent des budgets colossaux pour des résultats discutables, et que des dépenses de prestige continuent d’être financées sans transparence.
Pour l’universitaire, la précarisation du corps professoral fragilise les bases mêmes du développement national :
« Les professeurs forment les ingénieurs, médecins, juristes et cadres de demain. Les maintenir dans la précarité, c’est saper les fondements mêmes du développement national. »
Enfin, il appelle les autorités à mettre fin au discours des « contraintes budgétaires » servant à masquer un manque de volonté politique, rappelant que la question touche à la fois à la dignité de l’élite académique congolaise et à la crédibilité de l’État.
