À la suite du départ de Rigobert Song du poste de sélectionneur des Lions Indomptables, le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), Samuel Eto’o, s’est exprimé avec franchise sur la manière dont l’ancien capitaine de l’équipe nationale a été perçu et traité par une partie de l’opinion publique.


Dans une déclaration empreinte de solidarité, Eto’o a dénoncé ce qu’il considère comme un manque de soutien à l’égard de son compatriote :

« Quand votre propre frère était là, vous ne l’avez pas laissé entraîner tranquillement. Vous avez créé des polémiques simplement parce que vous n’aimez pas voir votre frère avancer. C’est la seule raison, rien d’autre. »



Le dirigeant sportif a rappelé que Rigobert Song avait atteint les objectifs qui lui avaient été assignés, notamment la qualification du Cameroun pour la Coupe d’Afrique des Nations et pour la Coupe du Monde, tout en amorçant un rajeunissement de la sélection nationale.

« Il l’a fait. Il a même rajeuni l’équipe sous vos yeux. Mais vous n’avez pas accepté, juste parce que c’était votre frère… Vous êtes complexés », a-t-il ajouté.


Analyse et perspective panafricaniste

Au-delà de la réaction d’un responsable fédéral, la sortie de Samuel Eto’o met en lumière une problématique plus large : celle de la difficulté à reconnaître et soutenir la réussite africaine de l’intérieur. Son message traduit un malaise identitaire et culturel persistant, marqué par une tendance à délégitimer les compétences locales au profit des expertises étrangères.

Dans plusieurs pays du continent, les entraîneurs nationaux, malgré leurs résultats positifs, font souvent l’objet de critiques plus sévères que les techniciens venus d’ailleurs. Ce constat soulève la question du regard porté par les Africains sur leurs propres élites, et du poids des héritages mentaux issus de la colonisation et de la dépendance symbolique.

Le cas de Rigobert Song illustre cette tension : celle d’un ancien héros national, engagé dans un processus de reconstruction sportive, mais fragilisé par un déficit de confiance et de reconnaissance au sein même de son environnement.



En dénonçant ces attitudes, Samuel Eto’o appelle, au fond, à un réarmement moral et culturel, fondé sur la fierté africaine, la solidarité entre pairs et la valorisation du mérite local. Son message dépasse le cadre du football : il interpelle l’ensemble du continent sur la nécessité de croire en ses propres ressources humaines et de rompre avec le réflexe d’autodestruction collective qui freine souvent l’émergence africaine.

Rédaction cH

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