La société civile et des sources locales rapportent la découverte d’au moins trois sites d’inhumation de masse dans la ville d’Uvira et ses environs, une zone marquée par de récents affrontements impliquant la coalition rebelle M23-RDF. Des organisations de défense des droits humains réclament l’ouverture immédiate d’enquêtes.
Des corps mis au jour par les intempéries
La localisation de la première fosse a été confirmée sur l’axe menant à la frontière de Kavinvira, à proximité des bureaux du Programme Alimentaire Mondial (PAM). Selon des témoignages concordants, le site contiendrait environ 35 corps. Jusqu’alors dissimulé sous une fine couche de terre, le charnier a été partiellement mis au jour par les fortes pluies saisonnières. Les émanations ont alerté les riverains qui ont aussitôt informé le chef de quartier et les autorités provinciales.
Bien que des équipes spécialisées se soient rendues sur les lieux pour sécuriser le périmètre, aucune exhumation officielle n’a encore été entreprise ; les autorités se sont limitées, à ce stade, au recouvrement sanitaire du site.
Multiplication des sites suspects
Le bilan pourrait s’alourdir avec le signalement d’autres sites :
- À Kilomoni : Une deuxième fosse commune a été identifiée au sein de ce quartier d’Uvira.
- Au cimetière de la ville : Des membres de la société civile font état d’un secteur distinct abritant des dizaines de dépouilles non identifiées.
- À Sange : À environ 30 km d’Uvira, le long de la Route Nationale 5 (RN5), des acteurs locaux signalent l’existence d’une fosse contenant au moins dix corps.
Responsabilités et appels à la justice
Les sources locales pointent la responsabilité de la coalition M23, soutenue par le Rwanda, dans ces exécutions sommaires. De son côté, un cadre du mouvement rebelle a évoqué, via une publication, que l’existence de ces fosses dans le Grand Kivu serait liée aux opérations menées par un officier spécifique de la rébellion.
Face à la gravité des faits, plusieurs organisations de défense des droits de l’homme exigent :
- L’exhumation systématique des corps sous supervision internationale.
- L’identification des victimes pour permettre des obsèques dignes.
- Une enquête judiciaire impartiale afin de traduire les auteurs de ces crimes devant les tribunaux compétents.
Rédaction cH
