Le dossier « Bulabula » vient de franchir une étape décisive. Ce jeudi, l’enceinte de la prison militaire de Ndolo a servi de cadre à l’ouverture d’un procès suivi de près par les observateurs internationaux. Me Dieumerci Bulabula, dont la trace avait été perdue le 14 octobre 2025 en plein cœur de Kinshasa, fait désormais face à ses juges.
Resté longtemps dans les radars des services de sécurité, le dossier de ce proche de Matata Ponyo a officiellement transité par le Conseil National de Sécurité (CNC) avant d’être transmis à l’Auditeur Général le 3 janvier 2026. Cette réapparition judiciaire met fin à des mois de spéculations sur son état de santé et son lieu de détention.
Un arsenal juridique sévère
Le ministère public ne lésine pas sur les chefs d’accusation. Me Bulabula est poursuivi pour :
- Atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État : Une prévention basée sur l’article 206 du Code pénal militaire, incluant la propagande d’actes terroristes.
- Outrage à l’autorité : L’infraction d’offense envers le Chef de l’État a également été signifiée au prévenu.
Une série noire pour l’opposition ?
Ce procès s’ouvre dans un contexte de « main de fer » judiciaire. Les noms de Nathanaël Onokomba, Pascal Isumbisho ou encore Parole Kamizelo reviennent avec insistance dans les couloirs du tribunal, illustrant une vague de procédures visant les cadres de l’opposition radicale.
Pour les défenseurs des droits humains, cette audience est le test ultime pour la justice militaire congolaise, souvent critiquée pour la célérité de ses jugements dans les dossiers à forte coloration politique.
Ernest Mbilika
