Des journalistes participent, du 14 au 16 septembre à Kolwezi, dans la province du Lualaba, à un atelier de formation consacré aux techniques d’enquête sur les abus de droits humains dans le secteur minier.
La formation est organisée dans le cadre du the Museba Journalism Project, qui est représenté à par son directeur exécutif, Christian Loka, venu du Cameroun, assisté d’Étienne Kabamba, venu de Lubumbashi.
Cette session intervient après celle organisée à Lubumbashi en juin 2024. Kolwezi accueille ainsi une nouvelle étape de ce programme consacré au renforcement des capacités des professionnels des médias sur les questions liées aux droits humains, aux ressources minières et à l’enquête journalistique.

Au cours des deux premières journées, les participants ont notamment travaillé sur les différences entre journalisme conventionnel et journalisme d’investigation.
Les formateurs ont présenté le journalisme conventionnel comme une pratique généralement centrée sur l’actualité, reposant sur la collecte de faits et le recours à des sources, souvent officielles et identifiées. La formation a également insisté sur la nécessité, pour le journaliste, de ne pas considérer automatiquement une version officielle comme une vérité établie.
Le journalisme d’investigation a, quant à lui, été présenté comme une démarche nécessitant davantage de temps, de vérification et de recoupement. Les informations recueillies doivent être confrontées à plusieurs sources et, lorsque cela est possible, à des documents ou à d’autres éléments permettant d’en établir la fiabilité.

*Kolwezi : des journalistes formés aux techniques d’enquête sur les abus de droits humains dans le secteur minier.*
Les échanges ont notamment porté sur les qualités attendues d’un journaliste d’investigation : l’esprit critique, la capacité à remettre en question les informations reçues, l’attention portée aux éléments nouveaux apparaissant au cours d’un reportage et la recherche d’éléments permettant d’établir les faits.
Les formateurs ont également souligné que les enquêtes peuvent nécessiter des moyens humains, techniques et financiers importants et s’étendre sur une période relativement longue, selon la complexité du sujet.
Une partie de la formation a été consacrée à la distinction entre intérêt public et intérêt du public.
L’intérêt public renvoie notamment aux informations dont la connaissance présente une importance pour la collectivité, tandis que l’intérêt du public peut davantage correspondre aux sujets qui suscitent son attention ou sa curiosité.
Cette distinction est particulièrement importante dans les enquêtes portant sur les ressources naturelles, l’environnement, la gouvernance et les activités minières, où l’intérêt médiatique d’un sujet ne suffit pas, à lui seul, à déterminer sa pertinence au regard de l’intérêt public.
Les participants ont également abordé les fondamentaux des droits humains et leur importance dans la pratique journalistique.
Les échanges ont porté sur la notion de droits humains, leur caractère universel ainsi que sur les principaux instruments internationaux de protection, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.
La formation a également abordé les différentes catégories de droits, notamment les droits civils et politiques, les droits économiques, sociaux et culturels ainsi que les droits collectifs.
Les participants ont été sensibilisés à la distinction entre violation des droits humains, atteinte aux droits par des acteurs non étatiques et infraction pénale.
Des exemples ont été examinés, notamment les arrestations arbitraires, les exécutions extrajudiciaires, les atteintes à l’intégrité physique ainsi que certaines atteintes aux droits des communautés locales.
À Kolwezi, cette formation revêt un intérêt particulier compte tenu du poids du secteur minier dans l’économie du Lualaba et des enjeux environnementaux et sociaux qui l’accompagnent.
L’objectif de l’atelier est notamment de renforcer les capacités des journalistes afin qu’ils puissent mieux documenter les faits, vérifier les informations, identifier les sources pertinentes et traiter les questions liées aux abus de droits humains dans le secteur minier.
Les travaux se poursuivent jusqu’au 16 septembre 2026.
Florent Munyez / journaliste stagiaire
