En République Démocratique du Congo, l’espoir des plus vulnérables semble une fois de plus broyé sous le poids opaque des grandes intentions. Ce qui fut annoncé comme une opération de secours aux réfugiés burundais du Sud-Kivu vire au scandale national. Le Fonds National des Réparations (FONAREV), institution censée panser les blessures des victimes de violences extrêmes, aurait décaissé 15 millions de dollars au profit de la Fondation Denise Nyakeru Tshisekedi désormais rebaptisée Fondation LONA. Objectif : une aide humanitaire. Réalité : seuls 500 000 dollars de vivres et biens de première nécessité ont été effectivement distribués, selon les estimations du marché local.
Le reste soit 14,5 millions de dollars demeure introuvable. Un silence administratif entoure ce gouffre financier, comme une brume volontairement entretenue sur les lignes de responsabilité.
Cette affaire soulève une question plus vaste : à quel moment la charité, enveloppée dans les oripeaux institutionnels, devient-elle instrument de pouvoir ? La philanthropie perd sa noblesse lorsqu’elle se confond avec le favoritisme, la dérive ou le calcul politique. Quand la fondation d’une Première Dame absorbe des fonds publics sans transparence, c’est l’État qui se retire, et l’éthique qui vacille.
Alors que les citoyens exigent des explications, le mutisme des autorités devient aussi pesant que l’accusation elle-même. La confiance, déjà érodée, demande réparation pas uniquement par des mots, mais par des actes, par des audits, par la justice.
Car il ne s’agit plus seulement d’argent disparu. Il s’agit d’une promesse trahie à ceux pour qui chaque sac de farine, chaque litre d’eau, représente un sursis à la souffrance.
Comme le rapporte le média La Libre Afrique dans une publication récente.
