Le prix Nobel de la paix, Dr Denis Mukwege, a exprimé sa gratitude envers les réalisateurs du film Muganga et le collectif Pona Congo, à l’occasion de la projection de cette œuvre à Kinshasa. Dans un message empreint d’émotion, le gynécologue congolais a salué l’initiative, tout en soulignant la portée symbolique du film qui, selon lui, « interpelle sur l’utilisation du viol comme arme de guerre ».

« Ce film met en lumière une tactique méthodique visant à profaner notre identité sociétale et à nous asservir pour exploiter nos ressources naturelles », a déclaré le Dr Mukwege, dénonçant la persistance des violences sexuelles liées aux conflits armés dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Évoquant l’histoire coloniale et les enjeux économiques contemporains, il a établi un parallèle entre l’exploitation du caoutchouc d’hier et celle des minerais stratégiques d’aujourd’hui : « Autrefois, les pneus qui roulaient à travers le monde étaient gonflés par l’air de souffrance de nos ancêtres. Aujourd’hui, chaque smartphone, chaque batterie électrique, est alimenté par le sang du peuple congolais, dans l’indifférence de la communauté internationale. »

Pour le médecin de Panzi, il est « inadmissible » que les richesses du sous-sol congolais continuent de nourrir « l’avidité des révolutions industrielles et technologiques mondiales » alors que le pays reste plongé dans la douleur et l’instabilité.

Appelant à l’unité et à la mobilisation nationale, Denis Mukwege a exhorté ses compatriotes à dépasser les clivages politiques pour « préserver ce sol pour lequel nos ancêtres se sont battus » et à interpeller la communauté internationale sur « la guerre d’agression et d’occupation imposée par le Rwanda ».

« Peuple congolais, notre maison commune brûle ! », a-t-il conclu, en lançant un appel à la solidarité et à la conscience collective face aux souffrances persistantes du pays.

Rédaction cH

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