L’arrestation de Maître Dieu-Merci Mubikwa, défenseur ardent du tandem Kabila–Matata, révèle une réalité gênante que beaucoup pressentaient sans oser la dire : l’opposition congolaise demande à sa base du courage qu’elle-même n’est pas prête à assumer.



Depuis plus de dix jours, l’avocat croupit en détention sans qu’aucun communiqué, aucune déclaration, ni même un simple message de soutien n’émane des camps politiques qu’il a loyalement servis. Ni Joseph Kabila, ni Matata Ponyo, ni leurs porte-paroles n’ont jugé utile de réagir. Pire encore : même son barreau s’est muré dans un silence prudent, comme si son engagement politique le rendait soudainement moins digne de défense.

Ce mutisme vaut aveu. Il confirme une hiérarchie politique inversée : les leaders bénéficient de la loyauté de leurs partisans, mais ces derniers ne peuvent attendre en retour qu’indifférence et abandon, dès lors que leur engagement leur coûte personnellement.



Les jeunes militants prennent les risques ; les chefs encaissent les dividendes. Voilà la vérité nue.

Cette affaire illustre un fossé générationnel devenu béant : pendant que les anciennes figures de l’opposition continuent d’agir selon une logique patrimoniale  la base appartient au « chef », mais le chef n’appartient à personne , la jeunesse, elle, croit encore à l’idée d’une cause partagée. Elle découvre désormais que la loyauté n’est pas réciproque.

C’est un désenchantement politique qui pourrait coûter cher. Car pourquoi s’exposer, pourquoi se sacrifier, pourquoi affronter la justice, la répression et la stigmatisation… pour des leaders qui se taisent dès que le prix du militantisme devient réel ?



Le cas Mubikwa pose alors une question brutale : quand un leader n’est pas capable de défendre même l’un des siens, comment prétendra-t-il un jour défendre le peuple ?

Si l’opposition congolaise continue d’abandonner ses propres combattants en rase campagne, elle ne perdra pas seulement des militants. Elle perdra sa légitimité morale  et avec elle, son avenir.

Rédaction cH

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