Par Ernest Mbilika/ journaliste essayiste
Une série de documents et témoignages circulant sur les réseaux sociaux font état de graves accusations de détournement de fonds publics, de corruption et d’escroquerie visant le gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula Katwe. Ces informations, relayées par certains médias et plateformes en ligne, évoquent notamment des transferts d’argent vers l’étranger, des irrégularités dans les marchés publics et un contrat controversé d’achat de farine de maïs.
Des accusations de malversations financières
Selon ces documents, un montant estimé à 36 millions de dollars américains aurait été transféré vers un compte en Afrique du Sud au nom d’un prétendu « Kyabula Trust », en lien avec des revenus issus des péages et redevances minières de la province. Les mêmes sources évoquent également des soupçons de surfacturation dans des projets routiers à Likasi et à Kambove, impliquant des sociétés chinoises présumées proches de l’entourage du gouverneur. Ces structures auraient, selon les accusations, sous-traité les travaux à moindre coût pour ensuite facturer à la province le double du montant réel.
Un autre dossier cité concerne un contrat d’achat de farine de maïs d’une valeur de 5 millions de dollars, signé avec la société Fish Eagle Limited, supposément sans siège connu. Le contrat, financé par un prêt de la Banque Equity BCDC, n’aurait à ce jour produit aucune livraison, selon les sources à l’origine des révélations.
Des accusations qualifiées de “campagne de déstabilisation”

En réaction, des proches du gouverneur dénoncent une campagne de désinformation orchestrée pour ternir son image. Ils affirment que ces accusations seraient le fruit d’une manœuvre politique menée par des adversaires, notamment l’ancien l’ambassadeur itinérant du chef de l’État, Dany Banza. Selon eux, des journalistes et médias proches de ce dernier auraient été mobilisés pour diffuser des informations non vérifiées et des documents falsifiés dans le but de nuire à Jacques Kyabula après une récente interview où il aurait tenu un discours jugé dérangeant pour certains milieux politiques.
Un climat de méfiance et d’instrumentalisation de l’information
Ce dossier illustre les tensions croissantes entre différentes factions politiques au sein du Haut-Katanga, dans un contexte préélectoral marqué par des rivalités internes à la majorité présidentielle.
À ce stade, aucune enquête judiciaire officielle n’a confirmé ni infirmé ces allégations. Les observateurs appellent à la prudence et à la vérification indépendante des faits avant toute conclusion, soulignant la nécessité pour les institutions compétentes notamment la Cour des comptes et l’Inspection générale des finances (IGF) de se saisir du dossier afin de faire la lumière sur ces accusations et de garantir la transparence dans la gestion publique.
En attendant, le débat entre partisans et détracteurs de Jacques Kyabula continue d’alimenter la scène politique du Haut-Katanga, révélant la fragilité du rapport entre gouvernance, communication et rivalités d’influence en République démocratique du Congo.
Ernest Mbilika/ journaliste essayiste
