Depuis son accession à la présidence, Félix Antoine Tshisekedi a multiplié les déclarations martiales et les promesses de paix dans l’Est de la République démocratique du Congo. Pourtant, six ans après ses premières annonces, le constat sur le terrain est amer, et le peuple congolais montre des signes évidents de lassitude face à des engagements non concrétisés.

Le 7 octobre 2019, lors d’un rassemblement à Bukavu (Sud-Kivu), Tshisekedi déclarait qu’il était « prêt à mourir pour que la paix soit une réalité ». Cette affirmation visait à rassurer les populations locales, victimes de violences récurrentes. Un an plus tard, le 8 octobre 2020, à Goma, il promettait qu’il s’installerait prochainement dans la ville pour accélérer la sécurisation de la région.

Pendant la campagne présidentielle de décembre 2023, il allait encore plus loin : lors du meeting de clôture à Kinshasa le 18 décembre 2023, il avertissait que « si nos ennemis continuent à agir de manière irresponsable en tirant un seul coup de feu, je réunirai les deux chambres du Parlement pour demander l’autorisation de déclarer la guerre au Rwanda ». Ces propos avaient pour objectif de projeter une image de fermeté et de détermination face aux menaces extérieures.

Pourtant, les violences dans l’Est persistent, et de nombreuses communautés continuent de vivre dans la peur et l’insécurité. Les engagements spectaculaires n’ont pas été suivis de mesures concrètes permettant un retour durable de la paix.

Le 9 octobre 2025, à Bruxelles, Félix Tshisekedi a pris un tournant diplomatique en tendant la main à Paul Kagame pour une réconciliation, confirmant sa préférence pour le dialogue plutôt que la confrontation militaire. Quelques jours plus tard, au Caire, il affirmait devant la diaspora congolaise : « Pour défendre mon peuple, je suis prêt à tout, même à devenir militaire… mais je ne suis pas devenu Président pour faire la guerre. Nos populations ont besoin de paix et de développement. »

Cette série de déclarations révèle un écart frappant entre la rhétorique martiale et la pratique diplomatique. Si la communication présidentielle insiste sur le courage et la fermeté, le peuple attend des actes tangibles : sécurisation réelle de l’Est, protection des civils et développement économique durable.

Aujourd’hui, la population congolaise exprime sa fatigue face aux promesses répétées. Chaque nouvelle déclaration de fermeté sans suivi concret contribue à l’impression d’une politique de symboles plutôt que de résultats. L’heure est venue pour le Président Félix Tshisekedi de transformer ces promesses en politiques efficaces, sous peine de voir s’accroître le scepticisme et la frustration d’un peuple épuisé par des années de conflits.

Rédaction cH

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