L’Assemblée provinciale de la Tshopo a décidé de mettre à la disposition de la justice l’ancien gouverneur Paulin Lendongolia, déchu de ses fonctions, pour répondre à de graves accusations de détournement de deniers publics. Le procureur général près la Cour de cassation a été officiellement saisi du dossier.

Selon le rapport de la commission parlementaire, plusieurs irrégularités financières sont reprochées à l’ancien chef de l’exécutif provincial.

🔹 Contrat routier controversé

Le gouverneur déchu aurait signé un contrat jugé scandaleux, estimé à 700 000 dollars américains, pour la réhabilitation de seulement 11 kilomètres d’une route d’intérêt national, soit environ 63 500 dollars le kilomètre sur une route en terre battue.

🔹 Fonds destinés au stade Lumumba

Un autre dossier porte sur un million de dollars américains alloués par le gouvernement central pour la réhabilitation et la modernisation du stade Lumumba. D’après les conclusions de l’Assemblée provinciale, Paulin Lendongolia aurait attribué ce marché de gré à gré à l’entreprise IMPACT BUSINESS COMPANY, soupçonnée d’être sous son contrôle direct. Cette société, selon les députés provinciaux, ne disposerait ni de la capacité financière ni de l’expertise technique requise. À ce jour, aucune réalisation concrète n’aurait été observée sur le terrain.

🔹 Achat des véhicules officiels surfacturés


Un troisième grief concerne l’achat de véhicules officiels d’occasion pour un montant global de 736 000 dollars. Ce marché, également conclu de gré à gré avec la même entreprise IMPACT BUSINESS COMPANY, aurait donné lieu à une importante surfacturation, la valeur réelle des véhicules étant jugée bien inférieure au montant déboursé.

🔹 Détournement présumé de recettes provinciales


Le rapport parlementaire évoque aussi le détournement de plus de 100 000 dollars américains provenant des quotités reversées à la province sur les frais perçus par l’Office Congolais de Contrôle (OCC).

🔹 Biens destinés à la voirie urbaine disparus


Enfin, Paulin Lendongolia est accusé d’avoir détourné les fonds issus de la taxe conventionnelle destinée à la reconstruction de la voirie urbaine, ainsi que dix camions neufs de marque Sino Truck et cinq niveleuses, qui devaient servir aux travaux d’infrastructures routières dans la province.

L’affaire, désormais entre les mains de la justice, marque un nouveau tournant dans la lutte contre la mauvaise gouvernance au niveau provincial.

Léo Kingu

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