Au moins douze personnes ont été tuées et plusieurs dizaines blessées lors de violences survenues à la suite du scrutin présidentiel en Ouganda, notamment dans le centre du pays et à Kampala, selon des sources concordantes.
D’après les premiers résultats provisoires annoncés par la Commission électorale ougandaise, par la voix de son président, le juge Simon Byabakama, le président sortant Yoweri Museveni arrive largement en tête avec environ 76 % des suffrages. Ces annonces ont suscité la colère des partisans de son principal opposant, Bobi Wine, qui ont appelé à des manifestations.
Dans la soirée du vendredi 16 janvier, la Plateforme d’unité nationale (NUP), parti de Bobi Wine, a affirmé que son leader avait été emmené de force de son domicile par un hélicoptère de l’armée vers une destination inconnue. Selon le NUP, l’opération serait intervenue après que l’opposant eut été placé de facto en résidence surveillée.
La police ougandaise a toutefois démenti ces informations. Lors d’une conférence de presse télévisée, le porte-parole national de la police, Kituuma Rusoke, a déclaré que Bobi Wine se trouvait à son domicile et qu’il était libre de ses mouvements. « Il n’est pas en état d’arrestation », a-t-il précisé. Les tentatives pour joindre Bobi Wine ou des responsables de son parti afin de confirmer sa situation sont restées sans réponse dans l’immédiat.
Bobi Wine a dénoncé ce qu’il qualifie de « fraude massive » lors du scrutin de jeudi, organisé dans un contexte marqué par une coupure d’internet. Il a appelé ses partisans à manifester contre les résultats annoncés. L’élection était largement perçue comme un test politique majeur pour Yoweri Museveni, au pouvoir depuis plusieurs décennies, et pour la stabilité du pays, dans une région récemment affectée par des troubles politiques, notamment en Tanzanie et au Kenya.
Rédaction cH
