Dans une mise au point diffusée vendredi 2 mai, les élus Tibasima Mbogemu Ateenyi et Raymond Tchedya Patay, anciens sénateurs et députés, dénoncent une campagne de diffamation menée à leur encontre depuis plusieurs jours. Ils désignent le lieutenant Jules Ngongo, conseiller en communication du gouverneur militaire de la province de l’Ituri, comme l’orchestrateur de ce qu’ils qualifient de « lynchage médiatique gratuit ».
Au cœur des accusations : la radio RTFI, citée nommément. Selon les deux anciens élus, l’antenne diffuserait « un tissu de diffamation, d’affirmations gratuites et d’imputations dommageables » portant atteinte à leur « honneur et à leur dignité ». Le document rappelle que les « dérapages langagiers prémédités et répétitifs » de la station ont déjà fait l’objet d’un examen à l’Assemblée nationale, la radio s’en prenant, selon eux, aux notables, aux élus et aux ecclésiastiques « toutes les fois que ceux-ci élèvent leurs voix pour déplorer des cas d’insécurité en Ituri ».
Pour Tibasima et Tchedya, les allégations relayées ne seraient qu’un « montage destiné à créer la diversion et masquer ainsi les vrais défis d’ordre notamment sécuritaire et humanitaire auxquels est confrontée la province » . L’Ituri, rappellent-ils, « a grandement besoin de la paix » et toute personne de bonne volonté devrait contribuer à la recherche de solutions au « drame dont sont victimes les populations ».
Les deux anciens parlementaires réfutent toute velléité subversive. « Réfléchir et proposer, à l’attention des autorités qualifiées, des contributions susceptibles de constituer des pistes aux fins de relever ces défis, ne constitue en rien une rébellion, ni des actes contraires aux intérêts de notre pays, ni une atteinte à l’intégrité physique d’une quelconque personnalité », insistent-ils.
Dans leur texte, signé par Claude Pay en leur nom, Tibasima et Tchedya « tiennent à rassurer la Plus Haute Autorité du pays, le Parlement, le Gouvernement ainsi que leurs anciens collègues sénateurs et députés, sans oublier toute la population de l’Ituri, qu’ils ne planifient et ne s’adonnent nullement à des actes antipatriotiques ».

Cette mise au point intervient alors que la province de l’Ituri reste soumise à l’état de siège depuis mai 2021. La cohabitation entre autorités militaires, société civile et élus locaux y demeure régulièrement tendue, sur fond d’attaques armées récurrentes et de crises humanitaires. Le rôle des médias locaux, et notamment leur rapport aux personnalités publiques, fait l’objet de débats constants au sein de l’UNPC et du CSAC.Contactés, ni le lieutenant Jules Ngongo ni la direction de la RTFI n’avaient répondu à nos sollicitations au moment de la publication.
Rédaction cH
