L’opposant congolais a dénoncé, vendredi 8 mai, les propos du chef de l’Etat qui conditionne la tenue du scrutin de 2028 à la libération des territoires occupés par les rebelles.
Le président de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé), Martin Fayulu, a vivement réagi, vendredi 8 mai à Kinshasa, aux déclarations de Félix Tshisekedi sur l’organisation des élections générales de 2028. Au cours d’une conférence de presse, l’opposant a estimé que « l’occupation d’une partie du territoire national ne saurait constituer un prétexte pour déroger au calendrier constitutionnel ».
Mercredi 6 mai, lors d’un point de presse tenu à la Cité de l’Union africaine, le président congolais avait subordonné la tenue des élections de 2028 à la reprise de l’ensemble des provinces actuellement sous contrôle de groupes armés.
« Pas d’élections sans libération totale du territoire », avait martelé le chef de l’Etat.Une position jugée incohérente par Martin Fayulu. « Les élections de 2023 se sont bien tenues alors que Bunagana, au Nord-Kivu, était occupée par le M23 », a-t-il rappelé, érigeant ce précédent en « jurisprudence ».
L’ancien candidat à la présidentielle de 2018 et 2023 s’étonne, par ailleurs, que le pouvoir « envisage d’organiser un référendum pendant que des pans entiers du pays échappent encore à l’autorité de l’Etat », tout en faisant de la pacification un préalable au scrutin de 2028.Pour le leader de l’ECiDé, cette conditionnalité introduit « une incertitude périlleuse sur le respect des échéances républicaines ».
Arrivé officiellement deuxième lors des deux dernières présidentielles, Martin Fayulu continue de contester la régularité des scrutins et appelle au « strict respect de la Constitution »
.Loss-Adonis
