Le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations (ESURSI) a annoncé plusieurs mesures dans le contexte de la crise sécuritaire qui touche l’est de la République démocratique du Congo. Elles concernent la suspension des activités académiques dans plusieurs établissements de Goma et Bukavu, l’accueil des étudiants affectés par les conflits dans d’autres institutions ainsi que la suspension des rémunérations de 48 agents de l’administration.
Dans un arrêté signé le 20 août 2026, la ministre de l’ESURSI, Prof. Dr Sombo Ayanne Safi Mukuna Marie-Thérèse, a suspendu jusqu’à nouvel ordre toutes les activités académiques et para-académiques de l’année 2026-2027 dans plusieurs établissements publics d’enseignement supérieur des villes de Goma et Bukavu.
La mesure concerne notamment les inscriptions, les enseignements, les évaluations, les délibérations et tout acte pouvant conduire à la délivrance d’un titre académique. Les établissements concernés comprennent, entre autres, l’UNIGOM, l’ISC-Goma, l’ISTM-Goma, l’ISTA-Goma et l’ISP-Goma, ainsi que l’UOB, l’ISC-Bukavu, l’ISTM-Bukavu, l’ISP-Bukavu, l’ISDR-Bukavu et l’ISAM-Bukavu.
Les étudiants finalistes de l’année académique 2025-2026, dont le cursus n’a pas pu être achevé, restent toutefois autorisés à accomplir les activités nécessaires à la finalisation de leurs études.
Pour assurer la continuité des parcours universitaires, l’ESURSI a également demandé, à travers la Note circulaire n°032/MINESURSI/CAB.MIN/SASM/MMK/2026, aux établissements situés dans les zones non affectées par les conflits d’accueillir et d’intégrer les étudiants régulièrement inscrits dans les établissements touchés.
Une attention particulière est accordée aux étudiants en Médecine et aux finalistes, tandis que des mécanismes administratifs adaptés devront permettre de vérifier les parcours académiques sans que les difficultés liées au conflit ne compromettent la poursuite des études.
Parallèlement, le ministère a ordonné la suspension des rémunérations de 48 membres du personnel de l’administration de l’ESURSI, dans l’attente de l’aboutissement de procédures administratives engagées à leur encontre. Selon les documents concernés, il s’agit notamment de personnes accusées d’avoir rejoint le mouvement AFC/M23, de lui avoir prêté allégeance ou d’avoir accepté d’exercer des fonctions sous son autorité.
Ces mesures s’inscrivent dans une réponse du gouvernement visant, d’une part, à protéger les parcours académiques des étudiants touchés par l’insécurité et, d’autre part, à garantir le respect de la discipline administrative au sein des institutions publiques.
Ernest Mbilika
