À Kinshasa, la récente baisse du dollar alimente débats et spéculations. Ce mardi 30 septembre, plusieurs taux circulaient dans la capitale, révélant d’importants écarts selon les opérateurs. Sur les réseaux sociaux, un internaute a relevé : 10 USD valant 26 400 CDF chez Vodacom Mère Double, 26 250 CDF à Equity, 26 000 CDF chez Orange et Ecobank, mais jusqu’à 29 000 CDF chez Airtel. Dans la rue, les cambistes affichaient entre 25 000 et 26 500 CDF pour 10 dollars.


Selon le ministère de l’Économie, le taux officiel s’est établi à 2 697,24 CDF pour 1 USD le 25 septembre, contre 2 819,61 CDF deux semaines plus tôt. Une évolution qui confirme l’appréciation du franc congolais et dont le gouvernement se félicite, saluant « un travail de titan » mené de concert avec la Banque centrale.

Les spécialistes attribuent cette tendance à trois facteurs : le renforcement des réserves obligatoires imposées aux banques, les interventions directes de la Banque centrale sur le marché des changes, et une gestion plus stricte des finances publiques, notamment le respect des échéances fiscales.

Mais derrière l’optimisme officiel, les analystes appellent à la prudence. L’économie congolaise demeure fragile, largement dépendante des importations et des cours mondiaux des matières premières. Le marché parallèle continue d’imposer ses propres taux, réduisant l’effet positif ressenti par les ménages. Enfin, malgré la baisse du dollar, les prix des biens de consommation restent élevés, signe que l’inflation ne recule pas dans la même proportion.

En clair, l’appréciation actuelle du franc congolais représente un souffle d’air pour l’économie nationale, mais sa durabilité reste incertaine. Sans diversification de la production et consolidation des réformes, préviennent les économistes, cette embellie pourrait n’être qu’une parenthèse.

Rédaction cH

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