Kinshasa, le 4 octobre 2025. La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a réagi avec indignation à la condamnation à mort de l’ancien président Joseph Kabila par la Haute Cour militaire de Kinshasa. Dans une déclaration rendue publique ce samedi, les évêques catholiques affirment que cette sentence « blesse la dignité de la personne humaine » et constitue une violation du droit à la vie consacré par la Constitution congolaise.
Rappelant leur position exprimée dès le 22 mars 2024, après la levée du moratoire sur la peine de mort par le ministère de la Justice, les prélats rappellent que « le moratoire devait naturellement conduire à l’abolition, et non à la reprise d’une mesure inhumaine ». Ils soulignent que la vie humaine est sacrée et que « Dieu seul en est l’auteur et le maître », citant le passage biblique de la Genèse : « L’homme fut créé à l’image de Dieu » (Gn 1, 26-27).
La CENCO estime que la peine capitale est incompatible avec l’Évangile et avec les principes fondamentaux de la dignité humaine. Elle appelle ainsi les autorités congolaises à reconsidérer cette décision et à privilégier des voies politiques et pacifiques pour résoudre les différends.
« Nous sommes horrifiés par le verdict prononcé à l’issue d’un procès expéditif », ont déclaré les évêques, tout en invitant les acteurs politiques, les responsables religieux, la société civile et la population à s’engager pour un dialogue inclusif. Selon la CENCO, seule une telle démarche permettra de restaurer la paix, l’unité nationale et la cohésion sociale dans un contexte marqué par les conflits armés et les tensions politiques.
Les évêques saluent par ailleurs les efforts entrepris par les institutions nationales et les partenaires internationaux pour ramener la stabilité, mais avertissent que ces initiatives resteront vaines tant que « les acteurs politiques congolais ne s’impliqueront pas sincèrement dans la recherche d’une paix durable ».
Citant le pape François, la CENCO rappelle que « l’illusion qu’une paix juste peut être obtenue par la force des armes est suicidaire et irresponsable ». Elle appelle enfin tous les Congolais au pouvoir, dans l’opposition ou au sein de la société civile à lutter contre « la culture de la mort et le risque de balkanisation du pays ».
La déclaration, signée par Mgr Fulgence Muteba, archevêque de Lubumbashi et président de la CENCO, se conclut par une prière :
« Que la Vierge Marie, Notre-Dame du Congo, nous obtienne la miséricorde divine et la paix. »
Rédaction cH
