Une accalmie timide est signalée depuis la nuit dernière à Kasika, chef-lieu de la chefferie de Lwindi. Mais elle n’a rien d’un retour à la normale : la route reliant Cidasa à Kibumba, à trois kilomètres de Mwenga-centre, est totalement désertée, signe d’une population en fuite.

Selon plusieurs sources locales, les éléments burundais, les FARDC et les combattants Wazalendo se sont retirés précipitamment des zones de Kamituga et Kitutu, laissant ces localités sans aucune présence militaire. Un vide qui nourrit l’inquiétude.
Car malgré les accords de Doha entre le gouvernement congolais et le mouvement AFC/M23, la réalité du terrain reste implacable : les combats se poursuivent et les positions changent d’heure en heure dans le Nord-Kivu comme dans le Sud-Kivu.

Mardi 25 novembre, les rebelles ont pris Kilungutwe, dans le territoire de Mwenga.
Un responsable local explique :
« Le village était devenu une zone neutre. Les FARDC s’étaient repliées vers Kasika et Mwenga-centre, et l’armée burundaise avait quitté les lieux la veille. »
Depuis cette avancée, un nouveau cycle de peur s’est enclenché. Les forces gouvernementales ont dû battre en retraite, et des milliers de familles fuient, abandonnant leurs foyers du jour au lendemain.
À Mulanga, Chiyeshero, Kwitwabaluzi et dans plusieurs localités voisines, les habitants passent des nuits entières dans des conditions précaires, sans savoir quand ils pourront rentrer.
Lungele Itebo, président de la société civile de Mwenga, tire la sonnette d’alarme :
« Les attaques ont entraîné un déplacement massif de la population. »
Ces derniers jours, Mwenga vit un nouvel épisode d’instabilité aiguë. À Kasika, Chidasa ou Mwenga-centre, les habitants ont passé la journée de mardi dans la crainte constante, marquée par le chaos et les pillages.

L’incursion de l’AFC/M23 n’est pas une première : en mai déjà, les rebelles avaient pris le contrôle de Burhinyi et Luhwinja, supervisant notamment la mine d’or de Twangiza.
Aujourd’hui, Mwenga replonge dans l’inconnu. Et comme souvent, les civils restent les premières victimes, suspendus entre l’espoir d’une paix promise et la dure réalité d’un conflit qui refuse de s’éteindre.
Rédaction cH
