En République démocratique du Congo (RDC), la question des arrestations d’acteurs politiques continue d’alimenter le débat public. Après les cas de Constat Mutamba, Nathanaël Onokomba et le procès Kamizelo, un nouveau nom s’ajoute à la liste des figures de l’opposition s’exprimant depuis leur lieu de détention : Maître Dieu-Merci Mubikiwa, cadre du LGD.

Dans une lettre rédigée depuis la prison militaire de Ndolo à Kinshasa, l’opposant affirme être détenu pour des motifs politiques. Il soutient avoir été arrêté après des déclarations publiques critiques sur la situation du pays, notamment au sujet de ce qu’il décrit comme des arrestations récurrentes visant des swahiliphones. Il évoque également son refus de renoncer à son engagement dans l’opposition et ses propos affirmant que l’ancien président Joseph Kabila « est un Congolais qui mérite le respect ».

Selon Maître Mubikiwa, ces prises de position auraient été interprétées par les autorités comme une forme d’apologie ou de trahison. Des accusations qu’il conteste, estimant exercer son droit à la liberté d’expression dans le cadre du débat politique national.Dans son message, il met en cause le Conseil national de cyberdéfense (CNC), structure rattachée à la Présidence, qu’il accuse de procéder à des arrestations arbitraires sans respect des procédures légales. Il dénonce un climat d’insécurité à Kinshasa et dans d’autres provinces, affirmant que ces pratiques fragiliseraient davantage l’État de droit.

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L’opposant appelle au respect strict des articles 16 et 17 de la Constitution de la RDC, relatifs aux garanties judiciaires et aux droits des personnes arrêtées, ainsi qu’à l’article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme sur le droit à la sécurité. Il insiste sur la nécessité de garantir l’accès des détenus à leurs familles et à leurs avocats, ainsi que la transparence sur les motifs d’arrestation.

Sur le plan politique, Maître Mubikiwa soutient les initiatives de dialogue portées par la CENCO et l’ECC, qu’il présente comme une voie crédible vers une paix durable. Il estime que le contexte actuel exige un dépassement des clivages et une mémoire collective des crises antérieures, notamment celles de 1982 et 2021.

Dans une partie de la jeunesse dite « extra-système », ces arrestations successives de figures de l’opposition sont perçues comme le signe d’un rétrécissement de l’espace démocratique en RDC. Plusieurs voix dénoncent l’incarcération prolongée d’acteurs politiques en raison de leurs positions publiques.

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À ce stade, aucune communication officielle détaillée n’a été rendue publique quant aux chefs d’accusation précis retenus contre l’intéressé, laissant persister les interrogations sur le respect des garanties constitutionnelles et des libertés fondamentales en RDC.

Rédaction cH

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