Invité de TV5 Monde, Jean-Marc Kabund a livré une analyse critique de la situation sécuritaire et politique en République démocratique du Congo (RDC), abordant la crise à l’Est, la gouvernance et les perspectives de dialogue national.
Guerre à l’Est et gouvernance en RDC
Selon l’opposant congolais, la guerre menée par le Mouvement du 23 mars (M23), à l’instar d’autres groupes armés actifs dans l’Est du pays, constitue l’une des causes majeures des difficultés internes que traverse la RDC. Il évoque notamment des problématiques liées à la gouvernance, à la concentration du pouvoir et à une gestion des ressources qu’il qualifie de prédatrice.
Jean-Marc Kabund estime qu’il serait « absurde » d’envisager un forum politique sur la crise sécuritaire sans la participation du M23, qu’il considère comme un acteur clé du conflit. Toutefois, il affirme également que ce mouvement rebelle agirait comme un « paravent du Rwanda », soulignant la dimension régionale du conflit.
Dialogue inclusif et recherche de la paix
Pour Kabund, toute initiative visant à restaurer la paix en RDC doit réunir autour d’une même table l’ensemble des parties impliquées dans l’insécurité à l’Est. Il insiste sur le fait qu’un forum sur la sécurité ne saurait exclure « les véritables acteurs » de la perturbation de la paix.
Il qualifie néanmoins d’« avancée » l’ouverture du président Félix Tshisekedi à l’idée d’un dialogue, rappelant qu’il y a peu, l’existence même d’une crise nécessitant des concertations était contestée par le pouvoir.
Désaccords politiques et lignes rouges
Jean-Marc Kabund conteste cependant au chef de l’État le droit de fixer unilatéralement des « lignes rouges » ou des préalables au dialogue. Selon lui, un processus crédible doit reposer sur une approche concertée et inclusive.
Interrogé sur ses relations passées avec l’ancien président Joseph Kabila, Kabund rappelle avoir combattu politiquement ce dernier « jusqu’à la dernière minute ». Il précise ne pas vouloir s’immiscer dans d’éventuels différends personnels entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila.
Enfin, il souligne avoir joué un rôle déterminant dans la rupture de la coalition politique qui liait Joseph Kabila et Félix Tshisekedi au début de leur collaboration institutionnelle.
Redaction cH
