Coup de tonnerre à la Chambre haute du Parlement congolais. Le sénateur Danny Kabongo a officiellement déposé, ce lundi 16 mars 2026, une pétition visant la déchéance de Modeste Bahati Lukwebo de ses fonctions de deuxième vice-président du Sénat. Entre accusations d’incompétence et soupçons de rupture politique avec l’Union Sacrée, le sort de l’élu de Bukavu semble scellé.

83 signatures pour obtenir la déchéance de Bahati Lukwebo

L’initiative est portée par le sénateur Danny Kabongo, issu des rangs de l’UDPS/Tshisekedi. Ce dernier affirme avoir mobilisé 83 signatures de ses collègues pour exiger le départ du deuxième vice-président. Le motif officiel invoqué ne porte pas sur ses récentes sorties médiatiques, mais sur une « incompétence notoire » et une « incapacité » à assumer les responsabilités liées à sa charge au sein du bureau.

Pourtant, dans les couloirs du Palais du Peuple, beaucoup lient cette accélération soudaine aux déclarations de l’autorité morale de l’AFDC-A concernant la révision constitutionnelle. Bien que Danny Kabongo nie tout rapport de cause à effet, le timing interroge les observateurs de la scène politique congolaise.

Mise au point et loyauté envers Félix Tshisekedi

Face à ce qu’il qualifie de « mauvaise interprétation », Modeste Bahati Lukwebo a multiplié les clarifications. Le professeur souligne qu’il n’a jamais exprimé d’opposition frontale au projet de révision de la Constitution, mais qu’il appelait simplement à un débat préalable au sein de la famille politique du Chef de l’État.

Dans une communication empreinte de prudence, il a présenté ses excuses pour les malentendus suscités par sa formule : « Changer de mentalités avant de changer les textes ». Il a par ailleurs réitéré son soutien indéfectible à la vision de Félix-Antoine Tshisekedi et dénoncé une « cabale » visant également ses intérêts économiques, notamment le dossier lié au rachat de la succursale de la Bralima à Bukavu.

Portrait : Qui est réellement Modeste Bahati Lukwebo ?

Le départ annoncé de Modeste Bahati Lukwebo ne serait pas un événement anodin. Ce poids lourd de l’économie et de la politique congolaise affiche l’un des parcours les plus complets du pays :

Parcours Étatique : Six fois Ministre (Budget, Économie, Plan, Travail…), ancien Président du Sénat et actuel deuxième vice-président.

Parcours Académique : Double Docteur en économie appliquée, Professeur titulaire de chaires en comptabilité et assurance.

Poids Économique : Investisseur majeur dans l’hôtellerie (Orchid’s, New Riviera), l’agro-pastoral et l’industrie cimentière.

Malgré son influence et sa tentative de rétractation, la machine parlementaire semble lancée. Alors que des rumeurs d’arrestation circulent également dans la capitale, l’avenir politique de l’élu de Bukavu n’a jamais paru aussi incertain au sein de la coalition au pouvoir.

Ernest Mbilika

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