Le paysage politique congolais est de nouveau sous les projecteurs de la justice militaire. Ce vendredi 27 mars 2026, s’est ouvert un dossier qui cristallise les débats sur la liberté d’expression et la sûreté de l’État : le procès de Nathanaël Onokomba Shako.
Ce jeune acteur de l’opposition, particulièrement actif sur les réseaux sociaux, fait face à des accusations d’une extrême gravité devant le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe.
L’Audience : Face-à-face à la prison de Ndolo
C’est dans l’enceinte solennelle de la prison militaire de Ndolo, lors d’une audience foraine, que le prévenu a comparu. Dès l’ouverture des débats, l’acte d’accusation a été lu par le ministère public.
Le réquisitoire est lourd. Nathanaël Onokomba est poursuivi pour :
- Apologie du terrorisme ;
- Justification de crimes de guerre et d’agression.
Ces charges reposent essentiellement sur des prises de parole publiques effectuées par l’opposant, tant sur les plateaux de télévision que sur son compte X (anciennement Twitter). Pour l’accusation, ces propos auraient franchi la ligne rouge de la légalité, tombant sous le coup des dispositions du Code pénal militaire congolais.
La Défense obtient un premier sursis
Dès l’entame, le collectif d’avocats de la défense a sollicité un report de l’instruction. Invoquant la nécessité d’accéder à l’intégralité des pièces du dossier pour garantir un procès équitable, les avocats ont obtenu du tribunal un délai supplémentaire.
Le juge a fait droit à cette requête, renvoyant l’affaire au vendredi 3 avril 2026. Cette date marquera la reprise des audiences et le début des plaidoiries sur le fond.
Rappelons que plusieurs jeunes et nouvelles figures politiques de l’opposition sont incarcérés dans cette prison à l’instar de Constant Mutamba, Dieu-merci Mubikwa et autres.
Il convient de noter que Nathanaël Onokomba n’est pas la seule figure de la nouvelle génération politique à séjourner dans ce centre pénitencier et autre lieu inconnu. Les prisons de la RDC accueillent actuellement plusieurs jeunes visages de l’opposition, à l’instar de Constant Mutamba ou encore Dieu-merci Mubikwa, illustrant une présence accrue de cadres politiques au sein de cette juridiction militaire.
Ernest Mbilika
