Ce lundi 30 mars 2026, Maître Justin Kiela Ngoie, président du parti « Vent d’Avenir » et cadre de l’Union Sacrée, a déposé une plainte officielle auprès du Parquet général près la Cour de cassation contre Martin Kazembe Shula, Vice-Gouverneur et Gouverneur intérimaire de la province du Haut-Katanga.
L'action judiciaire initiée par l’ancien ministre provincial repose sur des griefs d'usurpation de fonctions publiques, une infraction prévue et punie par l'article 123 du Code pénal congolais.
L'origine de cette plainte remonte à la journée du vendredi 28 mars 2026. Selon le document déposé au parquet, il est reproché à Martin Kazembe Shula d'avoir signé et publié un arrêté provincial portant remaniement de l’exécutif du Haut-Katanga. Ce réaménagement technique a conduit à la nomination de sept nouveaux ministres ainsi qu'à une réorganisation structurelle de l'équipe gouvernementale.
Me. Justin Kiela Ngoie
Pour le plaignant, cet acte constitue un excès de pouvoir manifeste. Justin Kiela Ngoie s’appuie sur l'article 198 de la Constitution ainsi que sur l'article 28 de la loi n°08/012 du 11 juillet 2008, qui stipulent que la prérogative de nommer, de relever de leurs fonctions ou de révoquer les ministres provinciaux appartient exclusivement au Gouverneur de province titulaire.
Violation présumée de la hiérarchie des compétences
Dans sa requête, Maître Justin Kiela souligne que l'intérim assuré par le Vice-Gouverneur ne lui confère pas la compétence légale de modifier la composition politique du gouvernement provincial, d'autant plus que le Gouverneur titulaire n'est ni déchu, ni suspendu par une autorité compétente.
« En procédant unilatéralement à ce remaniement, le Gouverneur intérimaire a agi en dépassement de ses pouvoirs légaux, violant ainsi la légalité des attributions institutionnelles », peut-on lire dans l'acte de plainte.
L'objectif affiché par le requérant est de « rétablir l'ordre légal » et de protéger la stabilité des institutions provinciales face à ce qu'il qualifie de confusion dans la gestion des services publics. Le Parquet général près la Cour de cassation est désormais saisi pour décider de l'ouverture d'une instruction judiciaire à l'encontre de l'autorité provinciale.
Ernest Mbilika
