La République démocratique du Congo a annoncé, à l’issue de la 14e conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Yaoundé, son adhésion à l’accord international encadrant les subventions à la pêche. L’objectif est de freiner la pêche illégale en haute mer et protéger des stocks halieutiques mis à mal par des pratiques industrielles non durables.

Adopté en marge des travaux sur les zones économiques spéciales, le texte vise en priorité les aides publiques qui alimentent une pêche industrielle intensive, aides à la construction et modernisation des navires, soutien au carburant, exonérations fiscales et qui, en réduisant les coûts d’exploitation, maintiennent en mer des flottilles économiquement non viables.

Julien Paluku, ministre du Commerce extérieur de la RDC, résume qu’ : « il s’agit d’empêcher les puissances de financer des activités qui menacent des stocks dont dépendent des populations du monde entier. »

Ces subventions accentuent la pression sur les ressources et creusent l’écart entre pêcheries industrielles et artisanales, qui fragilisent la sécurité alimentaire des communautés côtières, surtout dans le Sud.

La FAO rappelle que les captures mondiales de pêche sauvage stagnent depuis trente ans entre 86 et 94 millions de tonnes. En 2022, la pêche a produit 92,3 millions de tonnes contre 130,9 millions pour l’aquaculture, signe d’une bascule structurelle.

Parallèlement, la consommation par habitant a plus que doublé depuis 1961, portée notamment par la demande chinoise. Confirme le rapport de FAO.

Les ONG et agences onusiennes saluent l’initiative mais appellent à la prudence : « l’interdiction de certaines aides publiques ne portera ses fruits que si elle s’accompagne de transparence registres publics détaillés des subventions, d’un renforcement des capacités de surveillance (satellites, AIS, inspections portuaires) et de mesures d’accompagnement pour les pêcheurs et emplois concernés. » lit-on dans le même rapport.

Loss-Adonis

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *