Le territoire de Shabunda est au cœur d’une double actualité ce week-end. Alors que les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont neutralisé un groupe armé d’autodéfense « Wazalendo », des organisations de la société civile dénoncent un blocus routier qui favoriserait un commerce lucratif via des aéronefs militaires.
Neutralisation du groupe du « Commandant » Muswahili
Une opération militaire d’envergure a été lancée le samedi 28 mars 2026 à Shabunda-Centre et ses environs. L’objectif était de démanteler une faction de combattants se réclamant des « Wazalendo », dirigée par un chef autoproclamé nommé Muswahili. Ce groupe était accusé par la population locale de multiplier les tracasseries et d’entretenir un climat d’insécurité permanent.
Le bilan provisoire de l’assaut fait état de trois morts dans les rangs des miliciens et de plusieurs captures, dont celle du leader Muswahili. Selon des sources de la société civile, ce groupe avait refusé de répondre à l’ultimatum des autorités demandant à tous les détenteurs d’armes de s’identifier pour rejoindre les zones de front. Un procès en flagrance a été ouvert sur place pour établir les responsabilités des prévenus.
Un blocus routier aux relents économiques ?
Parallèlement à ces opérations de sécurisation, une vive polémique enfle concernant l’isolement du territoire. Des défenseurs des droits humains alertent sur la suspension prolongée du trafic routier entre Bukavu et les localités de Shabunda (notamment Maymingi, Kigulube et Nyalubemba).
Si les raisons sécuritaires sont officiellement mises en avant pour justifier cette fermeture qui dure depuis six mois, des sources locales pointent une motivation plus occulte : l’affairisme. Des aéronefs militaires seraient utilisés pour le transport de marchandises, créant de fait un monopole de transport aérien au détriment de la voie terrestre.
« Cette situation provoque une asphyxie économique. En empêchant l’accès des véhicules de commerce, on fait exploser les prix des produits de première nécessité », déplore un activiste local.
Les habitants de Shabunda appellent les autorités nationales et le commandement militaire à une intervention urgente pour lever ce blocus et mettre fin à ce qui est perçu comme une exploitation économique de la crise sécuritaire.
source : radio maendeleo
Ernest Mbilika
