Face à la prolifération des dérives en ligne, l’encadrement du cyberespace congolais devient une urgence nationale. Photojournaliste, journaliste, enseignant en communication à l’Université de Lubumbashi (UNILU) et ambassadeur du travail en RDC, Jonathan Kamunga sollicite une régulation rigoureuse de l’usage des réseaux sociaux en République démocratique du Congo.

Au cœur de sa réflexion figure un constat paradoxal : alors que des opérateurs locaux comme Airtel, Orange, Vodacom ou Africell fournissent l’accès aux plateformes telles que WhatsApp, ils se trouvent dans l’incapacité de rétablir les victimes dans leurs droits en cas de diffamation, de piratage ou de cyberharcèlement. La raison est simple : ces applications sont éditées et gérées par des multinationales basées à l’étranger, échappant ainsi à la juridiction directe des acteurs télécoms opérant sur le sol congolais.

Cette impasse met en lumière les limites du cadre légal actuel. Certes, la RDC s’est dotée d’un nouveau Code du numérique via l’ordonnance-loi de mars 2023, mais sa mise en œuvre effective se heurte à un verrou majeur. Entre l’absence de sièges sociaux de ces géants du Web dans le pays et la complexité des mécanismes institutionnels de contrôle, l’État peine à imposer des règles du jeu contraignantes.

Pour Jonathan Kamunga, il ne s’agit pas de restreindre la liberté d’expression, mais d’imposer une responsabilité éditoriale et légale à la hauteur des enjeux. Sans un partenariat structuré et des mécanismes de coopération transfrontalière, le citoyen congolais restera vulnérable face à des plateformes transnationales qui engrangent des profits locaux sans assumer les dégâts sociaux qu’elles génèrent.

Rédaction cH

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