En ce 24 août, nos pensées se tournent vers Kasika, ces collines du Sud-Kivu devenues, il y a 28 ans, le théâtre d’un massacre qui a profondément marqué l’histoire et la mémoire des populations congolaises.

Le 24 août 1998, des femmes, des hommes et des enfants ont été tués. Parmi les victimes figuraient notamment le prêtre Stanislas Wabulakombe, le Mwami François Mubeza et son épouse Yvette Nyangi, ainsi que de nombreux membres de nos familles.

Kasika 23 août 2026 im. Commémoration

Pour nous, Kasika n’est pas simplement une page de l’histoire de la République démocratique du Congo. C’est une douleur qui se transmet de génération en génération. C’est une mémoire familiale, un deuil qui demeure vivant et une absence qui continue de peser sur celles et ceux qui ont perdu un parent, un enfant, un frère, une sœur ou un proche.

La mémoire de Kasika doit être protégée, documentée et transmise. Un peuple qui connaît son histoire est mieux armé pour défendre la vérité et empêcher que les mêmes tragédies ne se reproduisent.

Mais se souvenir ne signifie pas cultiver la haine. Nous nous souvenons pour comprendre. Nous nous souvenons pour réclamer la vérité. Nous nous souvenons pour demander justice. Nous nous souvenons surtout pour rappeler que chaque vie humaine compte.

Kinshasa 23 août 2026 im. Genocost

Ce qui s’est passé à Kasika ne doit jamais être oublié. Et les violences qui continuent de frapper les populations civiles dans l’Est de la RDC doivent prendre fin. Aucun enfant congolais ne devrait grandir avec la guerre comme héritage.

Nous condamnons toutes les violences commises contre les civils et rendons hommage aux FARDC, aux Wazalendo ainsi qu’aux efforts engagés par le Gouvernement congolais pour défendre le territoire national et parvenir à une paix durable.

En cette journée de mémoire, j’adresse également une pensée fraternelle au peuple Banyindu-Kinyabami, en République démocratique du Congo et à travers le monde, ainsi qu’à toutes les familles qui continuent de porter la mémoire de leurs disparus.

À ma famille, à mes proches et à toutes les familles endeuillées : nous n’oublierons jamais les nôtres. Leur mémoire ne doit pas seulement nous rappeler la douleur ; elle doit aussi nous donner la force de poursuivre le combat pour la vérité, la justice, la réparation et la paix.

Vingt-huit ans après, le silence ne peut plus être notre seule réponse. La mémoire doit devenir une exigence. La vérité doit être établie. Les victimes et leurs familles ont droit à la justice et à une réparation à la hauteur du préjudice subi.

23 août 2026 kasika DRC

Plus jamais Kasika.
Plus jamais les massacres en RDC.
Plus jamais la guerre comme destin pour nos enfants.

Vérité. Justice. Réparation. Paix.

Ernest Mbilika
Enseignant à l’Université de Kolwezi
Représentant de la communauté Banyindu au Lualaba RDC

By o9kqm

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