Les Matinées scientifiques HEMI–UNIKOL–UMNG se sont clôturées ce samedi 26 septembre à Kolwezi. Lancées par la ministre provinciale de l’Éducation, représentant la gouverneure Fifi Masuka Saini, ces assises ont réuni durant trois jours des chercheurs et universitaires autour des enjeux miniers, environnementaux, économiques et sociaux du Lualaba.
Trois jours de communications scientifiques, d’échanges et de réflexion sur l’avenir du Lualaba. Les Matinées scientifiques organisées du 24 au 26 septembre 2026 à l’Amphithéâtre de la Haute École des Mines et de l’Industrie (HEMI), sur le site de Musompo à Kolwezi, ont pris fin avec la formulation de plusieurs recommandations destinées à rapprocher la recherche scientifique des enjeux de développement de la province.

Organisées par la Haute École des Mines et de l’Industrie de l’Université de Kolwezi (HEMI–UNIKOL) en collaboration avec la Coordination des Masters UNIKOL–Université Marien Ngouabi (UMNG), ces assises avaient pour thème : « Stratégie scientifique intégrée pour une gouvernance et un développement minier durable du Lualaba à l’horizon 2035 ».
La ministre provinciale de l’Éducation lance les travaux
L’ouverture officielle des Matinées scientifiques est intervenue jeudi 24 septembre, sous l’autorité de la ministre provinciale de l’Éducation, venue représenter la gouverneure de la province du Lualaba, Fifi Masuka Saini.

Dans son mot d’ouverture, la représentante de l’autorité provinciale a salué la tenue de ces rencontres consacrées à la recherche et aux enjeux de développement du Lualaba.
Elle a surtout annoncé que le rapport des travaux, les desiderata formulés par les chercheurs ainsi que les résolutions issues des Matinées scientifiques seraient transmis à l’autorité provinciale.
Cet engagement doit permettre aux autorités provinciales de prendre connaissance des différentes recommandations formulées au cours des assises et des propositions issues des travaux scientifiques.
Cette démarche inscrit les Matinées scientifiques dans une perspective de rapprochement entre recherche universitaire et action publique, notamment sur les questions liées au secteur minier, à l’environnement, à l’économie et au développement territorial.

Une première journée consacrée aux défis miniers et environnementaux
La première journée a principalement porté sur les enjeux techniques, miniers, environnementaux et institutionnels.
Les communications ont abordé plusieurs sujets, notamment le financement des coopératives minières, la traçabilité des flux métallurgiques, l’hydrogéologie, la gestion des ressources en eau, la stabilité des ouvrages souterrains et des talus, les risques géotechniques, la performance des projets miniers ainsi que les dimensions technico-économiques et ESG.

La communication environnementale, la perception des risques et les relations entre activités minières et communautés ont également figuré parmi les problématiques examinées.
Les échanges ont mis en évidence l’interdépendance entre ces différentes composantes du développement minier. La connaissance scientifique apparaît ainsi comme un élément pouvant contribuer à la sécurisation des opérations, à l’amélioration de la gouvernance et à la recherche de mécanismes permettant de renforcer les retombées territoriales de l’activité minière.

Financement, PME et diversification au centre de la deuxième journée
Vendredi 25 septembre, les travaux se sont concentrés sur les questions économiques, financières, entrepreneuriales et fiscales.
Les communications ont notamment porté sur le financement des PME, le crédit bancaire, le crédit-bail, la microfinance, le management financier, la sous-traitance, la fiscalité, la mobilisation des recettes, la digitalisation des services financiers et la gouvernance des entreprises.
L’entrepreneuriat et la décentralisation financière ont également été abordés sous l’angle du développement local.
Les discussions ont souligné l’importance d’améliorer la gouvernance des entreprises, la qualité de la comptabilité, la gestion financière, l’accès au financement et l’accès aux marchés.
La diversification économique a également occupé une place importante dans les échanges. Agriculture, agro-industrie, services, logistique, énergie, infrastructures et économie numérique ont notamment été identifiés comme des secteurs à prendre en compte dans une réflexion sur la diversification de l’économie provinciale.
Environnement, risques et inclusion sociale
La troisième journée a permis d’élargir les discussions à plusieurs dimensions sociales et environnementales.
Les travaux ont notamment abordé la finance digitale, les indemnisations, la responsabilité sociétale des entreprises, le développement social, la perception des risques, le genre, les ressources humaines ainsi que certaines problématiques psychosociales.
Ces échanges ont replacé les questions environnementales et sociales dans une réflexion plus large sur la gouvernance du développement minier et territorial.
Neuf axes pour le Lualaba à l’horizon 2035
À l’issue des trois journées, les participants ont identifié neuf axes autour desquels pourrait s’articuler la Stratégie scientifique intégrée Lualaba 2035 :
– science et innovation ;
– gouvernance minière ;
– géotechnique et sécurité ;
– environnement et ESG ;
– PME et financement ;
– diversification économique ;
– fiscalité et gouvernance territoriale ;
– inclusion sociale ;
– données et intelligence territoriale.
Ces axes devraient être déclinés dans un Plan d’action 2027–2035, comprenant plusieurs projets structurants.
Parmi les propositions figurent notamment un Observatoire scientifique et territorial du Lualaba (OSTL 2035), une Plateforme Science–Décision, un système intégré de monitoring géotechnique, un programme consacré aux PME, à la sous-traitance et au financement, ainsi que des programmes portant sur la transformation locale des ressources, l’environnement et l’ESG.
Des initiatives consacrées à la diversification territoriale, à la fiscalité et aux redevances, au genre, à la jeunesse et à l’emploi sont également envisagées.
Un rapport attendu auprès de l’autorité provinciale
L’engagement annoncé lors de l’ouverture donne une dimension institutionnelle particulière aux conclusions des assises.
Le rapport des travaux, les desiderata des chercheurs et les résolutions des Matinées scientifiques doivent être portés à la connaissance de l’autorité provinciale.
Cette transmission doit permettre de présenter aux responsables provinciaux les principales préoccupations exprimées par les chercheurs ainsi que les différentes propositions formulées durant les trois jours de travaux.
Parmi les recommandations figure notamment l’institutionnalisation des Matinées scientifiques comme cadre périodique de dialogue entre chercheurs, pouvoirs publics, entreprises, communautés et partenaires.
Les participants ont également proposé la mise en place d’un Comité scientifique Lualaba 2035, chargé de contribuer à la coordination scientifique et au suivi des recommandations.
Faire de la recherche un outil d’aide à la décision
Au fil des échanges, une préoccupation transversale s’est dégagée : rapprocher davantage la production scientifique des processus de décision.

Les participants recommandent ainsi de transformer les résultats de recherche en notes de politique publique, outils d’aide à la décision, tableaux de bord, prototypes et programmes opérationnels.
Cette orientation vise à renforcer l’utilisation des connaissances scientifiques dans la compréhension et la gestion des problématiques du territoire.
La démarche proposée s’articule autour d’une chaîne : science → données → décision → investissement → transformation → inclusion → durabilité.
Vers une Stratégie scientifique intégrée Lualaba 2035
La clôture des Matinées scientifiques ouvre désormais une phase de consolidation de la Stratégie scientifique intégrée Lualaba 2035.
Les prochaines étapes devront notamment préciser les mécanismes institutionnels, les responsabilités des différents acteurs, les indicateurs de suivi et les modalités de financement des projets proposés.
Pour les organisateurs et les participants, l’enjeu consiste à renforcer les liens entre universités, chercheurs, institutions publiques, entreprises, communautés et partenaires, afin que les connaissances produites puissent contribuer à la résolution des problématiques concrètes du Lualaba.

Les trois journées de travaux auront ainsi permis de mettre en discussion une même question : comment mieux mobiliser la science, les données et l’innovation pour accompagner la gouvernance et le développement durable d’une province dont l’économie est fortement structurée par l’activité minière ?
La réponse proposée par les assises repose sur une trajectoire allant de la recherche scientifique à la décision, de la décision à l’action, et de l’action au développement durable du Lualaba.
Rédaction centrale CongoHorizon.cd | Kolwezi
