Kinshasa, samedi 13 décembre 2025. La jeunesse congolaise a participé, ce samedi, à un échange direct avec le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Cette rencontre, présentée comme un moment de dialogue franc et solennel, visait à renforcer le lien entre l’État et une jeunesse appelée à jouer un rôle central dans le présent et l’avenir du pays.

Au cours de cet échange, le Chef de l’État est revenu longuement sur la situation sociale des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à son arrivée au pouvoir. Il a décrit une armée confrontée à des conditions de vie précaires, soulignant le manque de moyens matériels, logistiques et financiers dont souffraient les militaires, en particulier ceux du rang, souvent engagés au front sans ressources suffisantes.
Le Président Tshisekedi a indiqué avoir fait de l’amélioration des conditions sociales des militaires une priorité de son action, évoquant les efforts engagés pour renforcer leur prise en charge et celle de leurs familles. Selon lui, l’objectif poursuivi est de permettre aux forces de défense de se consacrer pleinement à leur mission régalienne de protection de l’intégrité territoriale.
Abordant la question du patriotisme, le Chef de l’État a estimé que cette valeur fondamentale s’est progressivement érodée au sein de la société congolaise. Il a appelé à sa réhabilitation, en particulier auprès d’une population majoritairement jeune, considérée comme un levier essentiel pour l’avenir de la nation.

Des critiques sur l’organisation de la rencontre
Si l’initiative du dialogue a été saluée sur le principe, son organisation a suscité plusieurs critiques. Des témoignages rapportés à Kinshasa font état de difficultés d’accès à la salle pour de nombreux jeunes, soulevant des interrogations sur la représentativité effective des participants. Certaines sources évoquent une sélection privilégiant des groupes spécifiques, au détriment d’une participation plus large et inclusive, des allégations qui n’ont toutefois pas été officiellement confirmées.
Par ailleurs, l’absence notable de représentants issus des provinces a été relevée par plusieurs observateurs. Pour ces derniers, un dialogue national consacré à la jeunesse ne saurait être complet sans la prise en compte des réalités provinciales, où se concentrent une part importante des défis socioéconomiques du pays.
Des interrogations ont également émergé concernant la gestion logistique et financière de l’événement. Des précédents, notamment lors d’autres rencontres similaires, avaient déjà mis en lumière des insuffisances en matière de prise en charge des participants, alimentant les critiques sur la gouvernance de ces initiatives.

En définitive, si le face-à-face entre le Président de la République et la jeunesse congolaise a permis de rappeler des orientations majeures de l’action publique, notamment en faveur des militaires et de la cohésion nationale, plusieurs voix appellent à une meilleure organisation des futurs cadres de dialogue. Elles plaident pour davantage de transparence, d’inclusivité et de rigueur dans l’utilisation des fonds publics, afin que ces échanges bénéficient réellement à l’ensemble de la jeunesse de la RDC.
Rédaction cH
