Alors que l’Assemblée nationale est appelée à se pencher sur une pétition visant cinq de ses membres, dont le président Vital Kamerhe, la République toute entière observe, attentive, inquiète, parfois indignée. Ce 19 septembre 2025 marque plus qu’un simple acte de procédure : il interroge les fondements mêmes de notre démocratie parlementaire.
Car derrière cette apparente démarche démocratique se cachent des pratiques troublantes, qui jettent un voile d’ombre sur l’intégrité du processus : faux signataires, doublons, irrégularités flagrantes. Comment peut-on prêter foi à une pétition entachée d’autant de manquements ? 25 fausses signatures, un signataire qui n’est même pas député, des noms inscrits sans consentement… Si ces faits sont avérés, ils ne discréditent pas seulement la pétition : ils sapent la légitimité même de ceux qui prétendent parler au nom du peuple.
Faut-il alors y voir une tentative d’éjection politique déguisée en procédure réglementaire ? Ou l’expression d’un malaise profond au sein de l’hémicycle, où alliances et ambitions se redessinent à l’ombre de la loi ?
Vital Kamerhe, fort de son expérience et de sa stature d’homme d’État, a répondu présent. Face à la commission, il a réaffirmé son attachement au règlement intérieur, à la transparence et à l’intérêt supérieur de la Nation. Mais au-delà des mots, ce sont les méthodes qui interpellent. La République mérite mieux qu’un jeu d’ombres et de signatures falsifiées.
Ce moment doit être un électrochoc pour notre démocratie parlementaire : un appel à la véracité, à la responsabilité, à la dignité institutionnelle. Car si la pétition devient une arme politique plutôt qu’un outil démocratique, alors ce ne sont plus les hommes qui sont mis en cause, mais les fondations de notre démocratie.
La commission spéciale a une mission : faire éclater la vérité, toute la vérité qu’elle soit favorable ou non à Kamerhe. Mais elle a surtout un devoir : restaurer la confiance des Congolais dans leur Parlement, dans leurs représentants, et dans les mécanismes de redevabilité qui garantissent l’État de droit.
✍️Rédaction Congohorizon.cd
