Dieu Merci Mubikwa, acteur politique de l’opposition, cadre du parti Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD) et ressortissant de l’Est de la République démocratique du Congo, s’inquiète des conséquences de la suspension des activités académiques dans plusieurs établissements de Goma et de Bukavu. Actuellement détenu à la prison militaire de Ndolo, à Kinshasa, il a rédigé ce message depuis sa cellule.
Dans son texte, Dieu Merci Mubikwa s’interroge sur les conditions dans lesquelles les étudiants des zones touchées par les conflits pourront poursuivre leur formation après la décision du ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation (ESURSI).
La mesure vise notamment à répondre aux préoccupations liées à la sécurité, à la régularité des parcours académiques et à la valeur des diplômes. Elle prévoit également des mécanismes d’accueil des étudiants concernés dans d’autres établissements.
L’auteur estime toutefois que la suspension pourrait compromettre le parcours d’une partie des étudiants, en particulier ceux qui ne disposent pas de ressources suffisantes pour quitter leur ville, assumer les frais de transport et de logement et poursuivre leurs études dans une autre province.
Selon lui, la mobilité académique ne peut se limiter à une décision administrative. Elle nécessite des capacités d’accueil suffisantes dans les établissements destinataires, ainsi que des mécanismes précis pour le transfert et la reconnaissance des dossiers académiques.
Il alerte également sur le risque d’une différence de traitement entre les étudiants dont les établissements restent opérationnels et ceux qui pourraient subir plusieurs mois de retard, voire une interruption complète de leur année académique.
Le message aborde aussi la situation de 48 agents concernés par une suspension de rémunération. Dieu Merci Mubikwa appelle au respect des garanties prévues dans le cadre des procédures administratives ou disciplinaires, notamment les droits de la défense et le principe du contradictoire.
Parmi les mesures proposées figurent la création d’un fonds d’urgence pour les étudiants déplacés, la prise en charge de certains frais de mobilité et de logement selon des critères transparents, la mise en place d’un mécanisme national facilitant le transfert des étudiants, ainsi que le renforcement des établissements appelés à les accueillir.
Dans son message, il recommande également l’adoption de solutions pédagogiques transitoires lorsque les conditions sécuritaires et techniques le permettent, ainsi qu’une communication régulière des autorités sur l’évolution de la situation et les perspectives de reprise des activités.
« Les étudiants ne doivent pas devenir les victimes collatérales de la guerre », souligne notamment Dieu Merci Mubikwa, estimant que la réponse aux contraintes sécuritaires doit être accompagnée de mesures permettant de préserver la continuité de leur formation.
Rédaction cH/ Kinshasa
