La province du Haut-Katanga traverse une zone de fortes turbulences institutionnelles. Les membres du gouvernement provincial et du cabinet du Gouverneur Jacques Kyabula, récemment démis de leurs fonctions, ont annoncé leur intention de saisir la justice contre le Vice-Gouverneur, Martin Kazembe Shula.

Au cœur de la discorde se trouve la décision de Martin Kazembe de procéder à une refonte de l’équipe gouvernementale. Pour les ministres limogés, cet acte relève d’un excès de pouvoir. Ils soutiennent qu’un intérimaire ne dispose pas de la compétence juridique pour nommer un nouveau gouvernement de manière unilatérale.

« Le Haut-Katanga ne peut devenir un sanctuaire de l’illégitimité », affirment les proches de Jacques Kyabula, qui voient dans cette manoeuvre une violation des textes régissant les provinces.

La crise remonte à juillet 2025, date à laquelle Martin Kazembe a pris les commandes de la province sur notification du Vice-Premier Ministre de l’Intérieur. Cette transition faisait suite à la suspension de Jacques Kyabula Katwe, convoqué à Kinshasa après ses déclarations polémiques du 30 juin 2025.

Lors d’un meeting à Lubumbashi, M. Kyabula avait qualifié Joseph Kabila et Corneille Nangaa de « Congolais », prônant un règlement des différends « en famille ». Ces propos, perçus avec méfiance par le pouvoir central, avaient conduit à sa mise à l’écart temporaire pour consultation.

Malgré cette absence prolongée, Jacques Kyabula conserve des soutiens de poids au sein de l’organe délibérant. Ce mercredi 26 mars 2026, le député provincial Samuel Kilolo, rapporteur adjoint de l’Assemblée provinciale, a publiquement pris la défense du gouverneur suspendu.

Lors d’un entretien, l’élu de Kasenga a dressé un bilan élogieux de l’action de M. Kyabula, soulignant :

  • La cohésion sociale : Des efforts constants pour le vivre-ensemble et la fédération des communautés.
  • La loyauté institutionnelle : Un engagement réaffirmé envers le Chef de l’État, Félix Tshisekedi.
  • La gouvernance de proximité : Des actions concrètes menées sur le terrain avant sa suspension.

Selon Samuel Kilolo, des signaux indiqueraient une implication personnelle du Président de la République pour faciliter le retour prochain du Gouverneur Jacques Kyabula dans sa province, mettant ainsi fin à une période d’incertitude de près de neuf mois.

Redaction cH

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *